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Cyber@cteurs : le discours et la méthode


Le fonctionnement de campagnes de mobilisation et de pétition à travers l'histoire et l'expérience de cyber@acteurs.

Présentation de l’Association à partir de propos recueillis par Marie-Odile Hombert et Katell Chantreau pour l'Oeil Electrique à l’été 2000

"Un petit clic vaut mieux qu'un grand choc", ou un nouveau moyen d'expression citoyenne.

Cyber Acteurs a choisi d'informer et de mobiliser sur des actions ponctuelles liées à l'écologie, l'économie solidaire ou les droits de l'être humain, par le biais du courrier électronique.

Comment sont nés les Cyber Acteurs ?

C’est une histoire de réseaux. A l’origine, je suis secrétaire de la FEDEL, une fédération d’élus locaux écologistes. J’anime par ailleurs un projet de portail sur le développement durable, ECOCYT. J’ai lancé un journal électronique interne, pour informer élus et acteurs du développement durable sur les initiatives alternatives. Il a été diffusé dans différents réseaux. En septembre 99, je reçois un message d’une élue qui reproche le manque d'engagement sur l’affaire du Timor : "On est timorés sur le Timor." J’ai alors trouvé un texte et l’adresse électronique de l’ambassade de France en Indonésie pour faire pression. Et j’ai balancé ça dans les réseaux.

Comment est organisée votre action ?

On a crée une association loi 1901, indépendante de la FEDEL, le but étant d’être ouvert à tous et de permettre à des citoyens de donner leur avis. Alors on travaille dans deux directions. On édite Cyber Actu, une publication aléatoirement hebdomadaire qui diffuse des informations captées dans des listes de discussion. Par ailleurs, on reprend des actions menées par des associations, on les met en forme, le principe étant d’interpeller des décideurs politiques ou économiques. Puis nous mettons à la disposition de ces actions un réseau de 10 000 correspondants.

La cyberaction correspond à une démarche d’expression citoyenne. Pourquoi avoir choisi le net ?

C’est un outil qui est simple puisqu’on peut toucher 10 000 personnes en une demi-journée, ça coùte vingt connexions. Avec une version papier, pour faire la même chose, il faudrait soit beaucoup de militants, soit beaucoup d’argent. Cet outil-là permet aussi à des gens qui ont envie de s’exprimer et qui n’ont pas forcément beaucoup de temps, de le faire. Le petit clic d’une souris peut avoir des conséquences qu’on ne soupçonne pas, alors il ne faut pas s’en priver.

Y a-t-il moyen de mesurer l’efficacité de la pression des cyber acteurs ?

On peut compter précisément le nombre de personnes qui ont participé à chaque action parce qu’il y a une adresse retour. Pour l’Erika, l’affaire est partie juste avant Noel, et on sait que Total a découvert 500 messages dès le lundi matin d’après Noël. Volontairement ou par saturation, leurs boîtes à lettres ont rapidement été bloquées. Pour Pinochet, Jack Straw a reconnu avoir reçu 70 000 messages, même s’ils n’émanaient pas tous de Cyber Acteurs. Quant à la pression réelle, elle n’est pas plus mesurable que celle des pétitions. Sans doute les cyber actions participent-elles à l’information des gens. Pour l’Erika, ça a contribué au succès de la manifestation de Nantes. Pour le Somport, ça a participé à faire connaître la manif et il y a eu plus de gens cette année. La pétition "ne signez pas" que nous avons adressée à Dominique Voynet a dù la conforter pour défendre son projet sur la chasse.

Comment sélectionnez-vous les pétitions ? Quelles idées défendez-vous ?

Le principe est de défendre le développement durable à travers trois aspects : la protection de l’environnement, la citoyenneté (intervention dans le débat politique, relations Nord-Sud), et la défense des droits de l’homme. Ainsi, on a mené des actions sur l’Amazonie, Tchernobyl, Mumia Abu Jamal, la Tchétchénie, l’extrême-chasse... Les propositions de pétitions sont nombreuses mais on ne peut pas en balancer tous les jours, sinon ça sature.

Un dossier assez complet accompagne chaque pétition, d’où proviennent les informations ?

Cyber Acteurs ne fait pas les choses tout seul. Pour chaque action, il y a une association partenaire qui connaît bien le sujet, fournit les explications et suit les actions. Par exemple, pour Pinochet, nous avons repris un texte d’Amnesty. Sur lAmazonie, on a travaillé avec Greenpeace Lille.

 

Comment marche une cyber-action ?


Partenariat

Il nous faut un partenaire associatif qui s'engage, prépare la cyber @ction et, en principe ensuite rend compte de ce que cela devient. Au début nous reprenions gratuitement, puis nous avons demandé aux associations d'adhérer, aujourd'hui (nécessité oblige) nous demandons une participation financière de 305 euros (2 000 F correspondant au temps passé pour la seule gestion de la Cyber @ction.

Les textes des cyber @ctions sont proposés par les associations partenaires, nous nous contentons de mettre à disposition l'outil c'est à dire la méthode et la liste d'adresses.

Gérer 10 000 adresses avec tout ce que cela suppose de retours pour absences, changements d'adresses, bugs divers et variés plus tous les messages générés par ces correspondants et la vingtaine de liste de discussion auxquelles je suis abonné, cela suffit largement à occuper une semaine

Un envoi à 10 000 personnes cela signifie 20 fichiers différents (identifiés par la première lettre de l'adresse : ce qui me permet en cas de retours ou de demandes de retrait de sovoir où chercher l'adresse)

Pour chaque fichier il faut copier et coller le message, l'objet et les adresses en ôtant les adresses à supprimer et en rajoutant les nouvelles. Ensuite quand l'action est terminée, il faut ranger les messages par lettres puis les confronter avec la liste d'adresses : dès qu'un signe ou une lettre diffère avec une autre adresse soit dans l'adresse soit dans le nom le prénom ou entre les deux, le logiciel considère que c'est une nouvelle adresse : et c'est ainsi que les personnes qui d'une fois sur l'autre mettent le nom avant le prénom ou l'inverse ou mettent un point ou un trait peuvent se retrouver avec des doublons ou des triplés. Je n'ai pas le temps (en plus c'est très fatiquant pour les yeux) de vérifier à chaque fois les 10 000 adresses.

....et il faut en plus chercher des sous pour que l'association puisse me payer, essayer de répondre au courrier, faire du ménage de temps à autre sur mon disque dur, essayer de répondre à tous les hoax qui circulent et qui atterrissent tous à un moment ou un autre (et en général en plusieurs exemplaires) dans ma boite aux lettres...

Tout cela pour dire que, pour ce qui concerne les fautes, je peux essayer de limiter (nul n'est parfait) mais pour ce qui est du contenu, je n'ai vraiment pas le temps de me plonger à chaque fois suffisamment dans les dossiers pour me permettre de discuter les textes.

L’ambition de l’Association est d’avoir plusieurs permanents pour l’animation des cyber @ctions, l’édition du bulletin, la mise à jour du site, l’animation du projet ³Boutiques Solidaires²... L’heure est déjà à péréniser le premier emploi en convainquant nos correspondant-e-s de la nécessité de cotiser pour que le projet puisse se poursuivre. Si le passage du clic au chèque est difficile, 400 personnes ont déjà fait la démarche et le chiffre augmente un peu tous les jours.


Auteur(s) : Alain Uguen
Date : 2 avril 2002

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